Yule Spirit vs Grinch Spirit

« Les Chous, petits et grands, joyeusement chantaient
Avec ou sans cadeaux, ça n’avait rien changé.
Il n’avait pas gâché la fête.
Noël était blotti
Dans les cœurs et les têtes. »

Comment le Grinch à volé Noël, Docteur Seuss

edf

Cela fait quelques temps déjà que je réfléchis à l’écriture de cet article, sans trop savoir par quel bout l’empoigner.
Dois-je vous parler de l’atmosphère chargée des senteurs de feu de bois, de marrons chauds, d’orange et d’épices ? De cette ambiance chaleureuse de cocooning… Gros pull en laine, intérieur chalet, thé fumant au cœur d’une bibliothèque géante dans laquelle j’aimerais m’enfermer pour l’hiver ? Dois-je évoquer mes souvenirs d’enfance et l’appartement parisien décoré différemment tous les ans par mes soins ? Ou bien dois-je vous parler tout simplement de ce qui me trotte dans la tête, depuis le début de ces préparatifs de Noël, même si mes réflexions ne sont pas très festives ?

Jouer le Grinch de service n’est pas vraiment dans mes habitudes, mais force est de constater que cette année, il m’est difficile de vivre pleinement cet esprit de Noël que j’aime tant -il me reste encore du temps pour m’y plonger me direz-vous !
Ayant commencé à créer les décorations pour la boutique dès début novembre, afin d’être dans les temps pour vous les proposer fin novembre et sur les deux marchés auxquels je participe cette année, j’ai ressenti un sacré décalage dans la saison et n’est pas pu profiter, autant que je l’aurais souhaité, des énergies flamboyantes de l’automne. Sans parler du fait que moi qui grogne de voir en magasin, les décorations de Noël alors qu’Halloween n’est pas passé, me voilà à travailler moi aussi sur mes projets pour Yule à peine Samhain passé ! ^^° Autant vous dire que tout cela est très contradictoire, curieux, un brin frustrant… Et en même temps comment faire autrement ?
Travaillant seule et créant tout de A à Z, il me faut un certain délai afin de penser les futures créations, de réaliser les découpes, la peinture, les finitions. Si je ne m’y prends pas si tôt, la boutique ne se remplie pas à l’heure voulue pour que tout soit disponible pour Noël et les préparatifs du sapin.
Du coup j’ai la pénible sensation d’être noyée et assimilée à la masse des grands magasins et à leur flot incessant de publicité qui tentent de refourguer leur came à tout va. De manière générale et vu de l’extérieur, je suis comme eux : je communique sur mes produits pour les vendre.
Seulement voilà, cette dernière phrase est affreuse, vide et très réductrice. J’aimerais me convaincre que je n’appartiens pas à cette catégorie de vendeur à tout va mais force est de constater que je dois vendre pour vivre, que je dois communiquer pour exister, et croyez-moi, ce n’est pas facile tous les jours. Les réseaux sociaux étant ce qu’ils sont, il faut être présent tous les jours si l’on ne veut pas passer à la trappe et ma volonté n’est pas de vous submerger au quotidien, loin s’en faut… autant dire que pour une petite créatrice dans mon genre qui a une famille et une grande tribu à poils et à plumes à prendre en compte, le temps plus ou moins long que je dois consacrer à cela est source de complications en tous genres.
Les complications et changements de plannings sont quasi quotidien. Les remises en question et recherches de solutions pour survivre dans ce milieu le sont tout autant et pourtant la Création, toujours, prend le dessus. Elle me fait bouillonner, elle me pousse à me dépasser, à rester curieuse de tout (ça ce n’est pas trop compliqué !), elle me permet de tirer à l’air libre ce qu’il y a au fond de moi et que je ne pourrais montrer autrement que par ce biais. La création est un vrai besoin. Si je n’avais pas de boutique, je continuerais à créer pour moi.
Mais voilà, en choisissant d’en vivre pour échapper au système et à la course permanente, j’ai aussi choisi de me frotter à quelques contradictions : savoir utiliser certaines facettes de ce système pour s’en sortit et apprendre à courir encore plus vite (le facteur animal y est pour beaucoup dans cette obligation) lorsque les enfants sont à l’école pour pouvoir profiter d’une vraie vie de famille quand ils rentrent.

Tout cela reste instable et ressemble bien plus à un grand huit émotionnel qu’à un long fleuve tranquille. Mais aux différents sommets de ces montagnes russes, de beaux moments, de belles rencontres et beaucoup de partage illuminent mon voyage. Ces petites bulles chaleureuses et rayonnantes donnent tous leur sens au travail, à la course, à la galère et aux prises de tête que représente le choix de vivre de la création. Et sachez que chaque mots, négatif ou positif, adressé à un créateur a un impacte que vous ne pouvez imaginer, que chaque commande éclaire le quotidien et provoque parfois des petites danses de la joie ! Que derrière mon esprit un peu Grinch de cette année, se cache un Chou heureux et optimiste de voir Noël arriver.
Alors si votre hotte n’est pas encore pleine pour le jour J, n’hésitez pas à passer outre les grands magasins et à rendre heureux de petits artisans. Et si comme moi les sous vous manquent, n’hypothéquez pas votre appart’ et soyez créatifs… Les plus beaux cadeaux viennent de vos mains et du cœur qui les guide. ❤

Féeriquement

Et pour quelques cadeaux réalisés avec amour, n’hésitez pas à suivre les chemins qui mènent vers le Merveilleux :

*Lorliaswood mon amie de création et sœur de cœur
*Victorian animals la belle rencontre de l’année passée
*Boudoir du Chaman et son univers romantique et raffiné
*Myeimeon la sorcière aux oiseaux
*The Fairy Tree House qui enchante les intérieurs de ses douces senteurs
*The Bat in The Hat qui déchaine les foules avec ses bougies toujours plus belles
*Faërie Artisanat et ses ailes de fées aux reflets magiques

Black Samhain

Cet automne est riche en décisions et changements et je voulais vous faire part plus longuement de toute l’agitation qui secoue ma vie en ce moment et donne à Way To Faery de nouveaux horizons.
Certains le savent, jusqu’à maintenant je n’étais pas créatrice à temps plein. Mon planning se partageait entre ma vie de famille (qui englobe mari, enfants et nombreux animaux!) et ma vie professionnelle qui se scindait en deux activitées : la création mais aussi le spectacle d’oiseaux en vol libre pendant 6 mois de l’année.
Si cette dernière activitée relève d’une véritable passion elle a pourtant été très contraignante tant moralement (moins voir les enfants et le chéri, avoir le temps de rien…) que physiquement ( moins 7 kgs en six mois et la fatigue qui va avec) et a poussé toute la famille à vivre à 100 à l’heure sans phase d’acclimatation. Cet impact négatif m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai donc décidé d’arrêter cette activitée qui au final me mangeait ma vie de famille et ma vie créative.
J’ai donc le bonheur aujourd’hui de passer créatrice à temps plein !

edf

La collection de Samhain de cette année marque donc un tournant pour moi. Tout d’abord parceque je vais travailler sur une prolongation de celle-ci pour le festival de Bonnu en Sorcellerie où vous pourrez me retrouver le dimanche 20 octobre ! Puis, parceque c’est en fait la première véritable ‘collection’ que je réalise !
Le point de départ en a été la couleur noire, puis petit à petit ce sont rajoutés des éléments symboles de Way To Faery, tel l’image de la sorcière, présente depuis mes débuts, les citrouilles, l’atmosphère fantastique… Tout cela a donné naissance à un petit texte que je vous livre ici. Il raconte mon univers, ma vision de ces créations, leur histoire mais aussi et toujours un peu de la mienne…

Black Samhain

La nuit s’étend dans le jardin. Entre les derniers légumes et les plans d’hiver l’espace frémit. Un voile de brume s’insinue entre les citrouilles, les plongeant peu à peu dans un bain laiteux, ouvrant la porte aux esprits silencieux.
Le chant d’un hibou vient déchirer l’air nocturne, annonçant dignement que la porte est ouverte, que le temps est venu de communier avec les disparus. Et le chant continu, accueillant fantômes et femme de chair et de sang.
Pieds nus dans la rosée, parée des couleurs de la nuit noire et de la lune argentée, elle vient cueillir les âmes des damnés, les esprits chagrins et fatigués, las et abîmés qui se sont incarnés dans son potager.
Sous les immenses feuilles rêches et piquantes, les citrouilles ont blêmi, désormais blanches et crayeuses.
Alors que le panier se rempli, et que les mains aimantes et caressantes viennent cueillir les courges fantomatiques, des plaintes se font entendre. Timides gémissements, soupirs de soulagement, souffles saccadés et brûlants. Mais parfois ce sont des cris glaçants, des sanglots d’enfants, des rires terrifiants qui explosent au cœur de la nuit tels des milliers d’échos coupants de vie brisées, de rêves piétinés, d’âmes déchirées. C’est alors qu’entre les larmes et la rosée, mains tremblantes, la cueilleuse prononce quelques mots, comme un chant pour apaiser la rage, l’effroi et la désillusion, guidant les âmes fatiguées vers la quiétude et la sérénité.
Une fois sa tâche accomplie, évanescente et gelée, la robe trempée et les genoux noir de terre elle s’en va danser accompagnée de sa compagne aux yeux de feu, aux plumes de neige et de nuit, murmurant les histoires de chacun, les souvenirs de ceux qu’elle a cueilli sous la lune et libéré dans les brumes de cette nuit de Samhain.

Black Samhain Witch
Black Samhain Witch copyright Damien L. pour WayToFaery